Le cerveau reptilien

Comprendre les résistances au changement et les blocages émotionnels

La Résistance au changement

Nous éprouvons tous, à un moment ou un autre, une résistance au changement. Que ce soit dans nos habitudes, nos comportements ou nos émotions, le refus ou la difficulté à modifier ce qui est établi est une expérience courante. Dans cet article, nous explorons cette dynamique à travers une lecture inspirée des neurosciences et des modèles de compréhension de l’être humain, notamment l’idée communément appelée cerveau reptilien.

1. Une métaphore neurologique pour parler des résistances

Le terme cerveau reptilien fait référence à un modèle évoquant une partie ancienne de notre système nerveux central. Selon ce modèle, cette région profonde est associée à des fonctions essentielles de survie : respiration, rythme cardiaque, réactions réflexes, réactions instinctives.

Dans une perspective métaphorique, on l’utilise parfois pour décrire la partie de nous qui cherche la sécurité, l’habitude, l’immobilité et qui peut résister au changement. Il est important de préciser ici qu’il s’agit d’une lecture symbolique et illustrative, qui ne remplace pas une explication neuroscientifique moderne complète.


2. Pourquoi résistons-nous au changement ?

Le changement, même lorsqu’il est désiré intellectuellement, peut rencontrer des blocages intérieurs qui prennent racine dans ce qui a été construit depuis longtemps. Cela peut se manifester par :

  • une sensation d’inconfort face à l’inconnu,

  • une peur de perdre ce qui est familier,

  • une tension corporelle ou émotionnelle qui freine l’élan.

Cette dynamique n’est pas un défaut, mais plutôt une réponse adaptative : notre organisme cherche à préserver l’équilibre connu plutôt que de s’exposer à ce qui lui semble incertain.


3. Blocages émotionnels et habitudes profondément ancrées

Dans notre corps, certaines habitudes et patterns émotionnels finissent par devenir des traces vécues : elles se manifestent par des tensions musculaires, des contractions, des schémas répétitifs, parfois sans que nous en soyons pleinement conscients.

Parler de résistance au changement, c’est évoquer une partie de soi qui préfère le connu, même inconfortable, à l’inconnu potentiellement transformateur. Cette dynamique peut se retrouver dans certaines tensions physiques, certains réflexes émotionnels récurrents ou certaines réactions qui semblent “automatiques”.


4. Ce que signifie “bloquer” pour le corps et l’énergie

Souvent, on associe ces résistances à une sorte de contraction intérieure : une réaction de protection, un repli, une fermeture. Dans ce sens, ce n’est pas tant que le changement est redouté en soi, mais plutôt que le système préfère rester dans un état stable, même s’il est inconfortable, plutôt que de s’exposer à une transformation dont il ne connaît pas l’issue.

Ce type de phénomène est observable tant sur un plan corporel que sur un plan émotionnel.


5. Une lecture énergétique des résistances

Dans certaines approches, comme celle de la médecine traditionnelle chinoise que je pratique, ces résistances sont également perçues comme des bloqueurs de circulation énergétique. Lorsqu’une émotion reste non exprimée, non intégrée, ou que certaines habitudes restent figées, l’énergie peut sembler stagnante ou conflictuelle dans certaines zones du corps.

Cela ne signifie pas qu’il y aurait une “cause unique” ou un diagnostic fermé, mais que le corps et l’énergie reflètent souvent ce qui est vivant à l’intérieur de nous.

Lecture de la résistance au changement selon la médecine chinoise

Dans la lecture de la médecine traditionnelle chinoise, les résistances au changement et les réflexes de protection ne sont pas seulement compris sur un plan psychologique. Ils sont aussi mis en relation avec la manière dont l’énergie vitale est stockée, stabilisée et mobilisée dans le corps.

Le Dan Tian, centre de la vitalité

Le Dan Tian inférieur, situé dans la région abdominale basse, est considéré comme un centre fondamental de la vitalité. Il est traditionnellement associé au stockage et à la consolidation de l’énergie profonde. Cette énergie est notamment reliée à l’énergie des Reins, qui, selon la médecine chinoise, nourrit les moelles — le cerveau étant lui-même considéré comme une forme de moelle.
Dans cette perspective, la stabilité intérieure, le sentiment de sécurité et la capacité à traverser le changement sont en lien avec la qualité de cette énergie profonde.

Lorsque cette base est fragilisée ou mobilisée en excès par le stress, les chocs émotionnels ou l’épuisement, le système peut avoir tendance à se replier sur des schémas de protection, à chercher la conservation plutôt que le mouvement. La résistance au changement peut alors être comprise comme une tentative de préserver la cohésion corps-esprit, en évitant ce qui est perçu comme déstabilisant.

On peut également établir un lien symbolique avec le système nerveux central, qui constitue un axe majeur de transmission de l’information dans le corps. Dans la rencontre entre la lecture moderne du système nerveux et la vision énergétique chinoise, il devient possible de penser les résistances non comme des “blocages à combattre”, mais comme des réactions de protection du vivant, cherchant à maintenir une forme d’équilibre interne.

Yin et Yang

Enfin, la dynamique Yin / Yang permet de comprendre ces mouvements internes :

  • le Yin est associé à la stabilité, au maintien de la structure, à la conservation,

  • le Yang est lié au mouvement, à l’évolution, au changement et à la transformation.

Lorsque le Yin est fortement sollicité pour maintenir une cohésion menacée, le Yang (élan de changement) peut être freiné. À l’inverse, lorsque le Yang s’active sans base suffisante, l’organisme peut se sentir en insécurité. L’accompagnement vise alors à restaurer une relation plus fluide entre ces deux polarités, afin que le changement ne soit plus vécu comme une perte de sécurité, mais comme un mouvement possible à partir d’une base stable.

6. Changer, c’est modifier un schéma de vie

Changer profondément implique souvent plus qu’une décision mentale : il s’agit d’une transformation de façon d’être au monde, de la relation à soi et au contexte. C’est pour cela que certaines transformations sont plus difficiles à amorcer que d’autres, parce qu’elles touchent à des schémas installés depuis longtemps.

La résistance n’est pas une erreur de la vie : elle est plutôt une manifestation de l’engagement de l’organisme à préserver ce qu’il connaît.


7. Le rôle de l’accompagnement

Dans ce contexte, l’accompagnement ne vise pas à “forcer un changement”, ni à imposer une transformation, mais à accompagner la personne dans sa propre capacité à explorer, reconnaître et libérer progressivement ce qui se vit en elle.

Un tel accompagnement peut nécessiter plusieurs séances, car il s’agit d’aller au-delà de la simple pensée ou de la volonté, pour entrer en relation avec le vécu corporel, la sensation, l’énergie et les émotions qui ont contribué à ces résistances.


8. Clarifier sa propre expérience intérieure

Plutôt que de chercher à combattre ce qui est perçu comme une résistance, il peut être plus pertinent de comprendre ce qui est présent, de sentir dans le corps ce qui se manifeste, et de laisser émerger une lecture plus consciente de ce qui gêne ou retient. Cette exploration ne consiste pas à éliminer une partie de soi, mais à accueillir ce qui est vivant et à reconnaître les forces qui ont façonné ces patterns.


Conclusion

La notion dite de cerveau reptilien est ici utilisée comme une métaphore pour comprendre certains blocages intérieurs et résistances au changement. Elle ne prétend pas être une explication scientifique complète, mais une façon de rendre visible ce qui peut sembler invisible dans notre expérience intérieure.

L’accompagnement de ces résistances s’inscrit dans une démarche de lecture du corps, de l’énergie et des sensations, dans laquelle le changement se construit progressivement, en respectant le rythme propre de chacun.

Si vous souhaitez explorer ce thème dans votre propre expérience ou bénéficier d’un accompagnement personnalisé, vous pouvez vous renseigner sur les modalités proposées et envisager un premier échange.