LES ELIXIRS HUMAINS, UN ACCÈS VERS NOTRE ESSENCE

Les élixirs n’appartiennent pas à une tradition, ils sont présents dans chaque culture : élixirs de vitalité, fluide magique, homéopathie, huiles essentielles, élixirs floraux, élixirs minéraux…mais nous oublions de parler du plus précieux, l’élixir humain.
Nous n’en parlons pas parce qu’il est à la fois le plus inaccessible et le plus présent, il n’est pas synthétisable, on ne peut pas le mettre en bouteille, fiole pour le commercialiser.
Il ne provient pas de la nature qui nous environne, il ne provient pas de notre esprit qui est capable de donner une information à la matière, sous forme de prière, d’invocation, de rituels divers. Il provient de notre cœur, de l’être humain que nous sommes entre l’esprit et la nature, entre la Terre et le Ciel. Certains viendraient déjà à penser que l’effet d’une prière faite avec le cœur sur un liquide créera cet élixir du cœur. Je ne partage pas cette opinion et nous obtiendrions un élixir céleste mais pas un élixir humain.
L’élixir humain existe dans la notion de la relation humain-humain, il est généré par la compassion sans l’intervention de l’esprit, il n’existe que par la relation. Mais une relation d’un type particulier, une relation de communion d’être. Car dans nos profondeurs intérieures, notre être essentiel, notre âme, fait l’expérience du monde par la communion.
Nous ne sommes pas dans la relation du patient en difficulté face au thérapeute qui va lui apporter aide et secours, et qui bien que plein de bonne volonté ne pourra que lui apporter son aide technique, son aide ou énergie spirituelle; nous dépassons cela pour entrer seulement dans la notion de la présence, présence de l’un à l’autre. Je sais c’est dérangeant, plutôt pour le thérapeute d’ailleurs qui la plupart du temps a besoin d’exister dans son rôle de “celui qui aide ou qui soigne”. Si on dépasse les rôles, il se passe d’autres choses, un échange, un don qui n’est pas nommable et pourtant qui contient tellement de choses, qui transmet une véritable force de vie, une reconnaissance de notre existence qui peut réparer tellement de blessures qui n’arrivent jamais à être véritablement soignées.
Cette force de vie s’active sur un niveau au delà de notre personnalité, de notre histoire de vie, un niveau qui peut d’un regard contempler et réparer notre parcours. Cette force est fonction de ces vécus qui ont eu le talent de nous tailler, nous écorcher, nous écarteler, nous déchirer, nous sculpter et révéler en nous quelque chose de grand, de beau que nous portons. Cette dimension de l’être humain est le domaine des Forces (forces de l’être) ou Vertus.
Et cela se transmet, non pas à coup de coaching “il faut” et de bons conseils, cette force se transmet dans cette dimension d’ouverture et d’accueil de l’autre.
A quoi ressemble cet élixir?
Il est constitué de la joie de vie et de la force de vie d’avoir vécu, survécu, traversé des moments sombres, il est constitué de cette lumière qui s’est construite dans les moments sombres et qui désormais sait éclairer ce type d’obscurité. Et cette lumière est spéciale, particulière car elle porte une empreinte unique, celle de notre essence, notre dimension stellaire. Cette empreinte unique est une note, une vibration sur le grand clavier de la création. Cette note est vivante, vibrante et ne pourra jamais être reproduite par un quelconque instrument, car elle est cellulaire tout autant que vibratoire.
En médecine chinoise, notre essence “Jing” est à la fois matière et énergie, la source de notre vitalité, de notre immunité, de notre psyché; cette essence est âme, l’aborder sous l’angle de l’énergie est réducteur et insuffisant. Nous retrouvons également dans la pensée taoïste la notion d’énergie du ciel, énergie de la terre et énergie des étoiles nécessaires à notre vie; dans notre héritage occidental, Christ est aussi “prince des étoiles”, ni de la terre ni du ciel.
N’est-ce point là la distinction des grands hommes de nous éclairer, de nous transmettre une lumière née à la fois de leurs tribulations terrestres et de leur éveil et guidance céleste? N’est-ce pas cela que finalement nous recherchons comme une nourriture qui répare le cœur, parfois même l’esprit et le corps? N’est pas cela finalement que nous cherchons à recevoir de ces personnes, à capter une particule qu’ils sont capables de dégager, d’offrir juste à travers la rencontre éphémère qu’ils nous accordent?
Cet élixir humain existe assurément, il est présent chez de nombreuses personnes, qu’elles soient de vocation thérapeutique ou pas, il est présent partout où on prend le temps d’être en relation.
Et bien que la science rejoint peu à peu la spiritualité, que notre époque s’ouvre à de multiples voies et démarches thérapeutiques, il reste encore un fossé entre la notion de guérison et ÊTRE et la notion de techniques et FAIRE.
Et finalement, mon ressenti personnel est que je vois cela rarement présent dans les milieux dits “spirituels”, dans les programmes censés mener vers soi même et son essence.
Je pense que notre âme n’en a rien à faire d’avoir été ceinture ultra violette, 26ème Dan ou Maître de telle technique, démarche ou approche “Duchmol”, nous ne repartirons pas avec ces choses mais seulement avec ce que nous aurons su distiller dans notre cœur.